Article paru dans Terre & Nature

Société "Le Trèfle" - Rencontre

Société Le Trèfle

Dernière mise à jour : 09.04.2010

Au Locle (NE), des dames transforment la peau de lapin en objets utiles et décoratifs.

Le chic vestimentaire dans les Montagnes neuchâteloises n’est pas en vison ni en fourrure de léopard mais en peau de lapin. Ne souriez pas! «La fourrure de lapin est la plus ordinaire qui soit, mais elle est surtout la plus fournie et la plus douce d’entre toutes», assure Christiane Hild. Par grand froid, cette dernière ne sort jamais sans son béret basque et son manteau en peau de lapin. Cette retraitée ainsi que quatre de ses amies recyclent les peaux de lapin pour en faire d’élégants manteaux, de moelleux coussins et de gracieuses poupées. Du velours au toucher

Ces pétillantes dames sont réunies au sein de l’association Le Trèfle fondée en 1961 par des paysannes qui n’acceptaient pas que les peaux de lapin soient jetées ou brûlées. Une fois par semaine, elles se retrouvent pour confectionner leurs articles en peau de lapin.

La saison hivernale est particulièrement propice à leur hobby. «En été, le lapin mue et n’a pas assez de poils. L’hiver, sa fourrure est en revanche très abondante et de belle qualité, explique Josette Von Allmen, présidente du Trèfle. Cette peau n’est pas assez estimée mais ceux qui la portent une fois ne veulent plus entendre parler d’une autre fourrure.» Ces dames sont littéralement conquises et convaincues de la noblesse de la peau de lapin. «La fourrure du rex, lapin à poil court, est soyeuse comme du velours au toucher. Nous ne travaillons que des peaux provenant de lapins préalablement passés à la casserole. Nous n’achetons jamais des lapins pour leur faire la peau!» Qu’on se le dise! Le Trèfle acquiert sa matière première auprès d’éleveurs neuchâtelois au prix de 50 centimes à CHF 2.50 la pièce.

Le tannage est confié à un professionnel, les dames se chargeant de la suite des opérations. «Il faut compter environ seize à dix-huit heures pour confectionner un coussin.» Ces artisanes n’emploient que de la peau de lapin haut de gamme sélectionnée parmi une douzaine de races pures. «Nos articles sont garantis plusieurs dizaines d’années, rien à voir avec les manteaux chinois qui dépoilent au bout de deux ans», souligne Paulette Fahrni. Le Trèfle écoule sa production à l’occasion des concours de cuniculture se déroulant en Suisse romande.

 

Article paru dans le Terre & Nature

 

Pour plus d'informations :

Société "Le Trèfle" Présidente Josette Von Allmen
Malpierre 15
2400 Le Locle
Tél. 032 931 43 91